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Les feux de la Saint Jean

Il est de coutume d’allumer des feux de joie dans la nuit du 23 au 24 juin, à l’occasion de la Saint Jean-Baptiste. D’où vient cette tradition ?

La Saint Jean est l’héritière d’une très ancienne fête païenne durant laquelle on demandait l’abondance et la protection des récoltes. Le feu, symbole de chaleur et de lumière, permettait d’invoquer le ou les dieux de l’agriculture. La fête avait lieu au moment des moissons, autour du solstice d’été. Elle a été christianisée autour du Ve siècle, même si certaines superstitions ont longtemps perduré. Par exemple, en France, les paysans conservaient les cendres des feux de la Saint Jean, réputées protéger des orages et de la foudre. Ces cendres étaient aussi parfois utilisées comme engrais dans les champs.

La Saint Jean est aussi appelée « nuit de Kupala » ou d’Ivan Kupala dans certains pays de l’Europe de l’Est (Russie, Biélorussie, Ukraine), où elle est toujours célébrée avec ferveur. Kupala est un terme slave qui évoque le bain, la purification, des attributs qui correspondent à ceux de Jean-le-Baptiste, cousin de Jésus qui a baptisé ce dernier dans les eaux du Jourdain selon les évangiles. La nuit de Kupala est l’occasion de rituels très élaborés dans les pays de l’Est : couronnes de fleurs tressées, bains en costume, robes traditionnelles, recherche d’herbes magiques (plantes médicinales), bougies flottantes, danses autour du feu. La coutume veut que les couples sautent par-dessus un feu. S’ils échouent, ils se sépareront avant la fin de l’année. Certaines de ces coutumes se sont exportées un peu partout en Europe. Aujourd’hui, en France, des villes et des villages ont parfois remplacé le grand feu de joie par des feux d’artifice, auxquels s’ajoutent des bals ou des concerts.

La Saint Jean-Baptiste est aussi importante outre-Atlantique : il s’agit de la fête nationale québécoise. On y met à l’honneur la culture et l’identité du Québec tous les 24 juin. La fête nationale du Canada, qui commémore le rassemblement des 10 provinces canadiennes en 1867, a lieu quelques jours plus tard, le 1er juillet.

Cette fête n’est pas la seule liée aux récoltes. Dans la tradition juive, Chavouot (le 31 mai 2017), une fête de pèlerinage, est liée aux moissons et commémore en même temps le don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï. Pour les hindous, les moissons sont fêtées à Pongal, peu après le solstice d’hiver, en janvier.