Récente séparation
Jusque-là, les relations entre les cultes et le gouvernement luxembourgeois étaient régies par un accord de type concordataire.
L’article 22 de la Constitution du 17 octobre 1868 indique clairement que « les rapports de l’Église avec l’État font l’objet de conventions ». À l’origine, ce texte s’appliquait uniquement à l’Église catholique. À partir de 1997, des conventions ont été signées avec les autorités juives, l’Église protestante du Luxembourg, l’Eglise anglicane et les Églises orthodoxes grecque, roumaine et serbe. Ces accords permettaient aux cultes conventionnés de recevoir des financements de l’État luxembourgeois, qui assurait les salaires des religieux.
En 2013, pour la première fois depuis une trentaine d’années, le parti chrétien-social n’est plus à la tête du pays, désormais gouverné par une coalition de libéraux, socialistes et écologistes. Dès la formation de ce regroupement, il a été question de modifier le régime de financement des cultes afin d’entériner une séparation des Églises et de l’État.
Dans cette optique, trois réformes ont été conduites :
- La première concerne l’entretien des lieux de culte qui, hormis gros travaux, n’est plus assurée par les communes.
- La deuxième met en place un nouveau cours intitulé « Vie et société » dans les écoles. Il remplace les modules d’éducation morale et religieuse catholiques depuis la rentrée 2016. Les enseignants de l’ancienne version du cours se sont vu garantir leur poste, on leur a proposé une formation afin de les reclasser dans d’autres matières en fonction de leurs compétences.
- Le dernier volet concerne le financement des cultes. Il prévoit une réduction progressive de l’enveloppe budgétaire allouée aux communautés pour salarier les religieux. Elle passe de 24,6 à 8,3 millions d’euros. Désormais, chacun des cultes reçoit une somme dont le montant varie en fonction du nombre de fidèles. Le catholicisme, majoritaire, emporte le budget le plus important avec 6,7 millions d’euros, suivi par le protestantisme (450.000 euros), le judaïsme (315.000 euros), le christianisme orthodoxe (285.000 euros) et l’Église anglicane (125.000 euros).
Dans le même temps, pour la première fois, un budget est accordé à la communauté musulmane « pour correspondre à l’évolution de la société luxembourgeoise et à l’augmentation du nombre de pratiquants de cette religion à travers le pays ». À l’instar de l’Église protestante, la communauté recevra 450.000 euros.
Les salaires et pensions des ministres des cultes en exercice continueront d’être payés par l’État. Seules les nouvelles recrues ne bénéficieront plus de cet avantage.
Ces réformes n’ont pas fait l’unanimité. Les membres du parti chrétien-social et des autorités religieuses catholiques ont fait part de leurs réserves tout au long du processus.