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La controverse Lallab

Pourquoi on en parle ?

Le 23 août, le mot-dièse #JeSoutiensLallab arrive en tête des tendances sur Twitter. Il fait référence à l’association Lallab, dont l’objectif est de « faire entendre les voix des femmes musulmanes pour lutter contre les oppressions racistes et sexistes ». En janvier 2017, lors de l’Émission politique consacrée à Manuel Valls sur France 2, une membre de l’association, Attika Trabelsi, s’était accrochée avec l’ex-Premier ministre au sujet du port du voile.

Lallab a été créée en 2015 par Sarah Zouak et Justine Devillaine, après que les deux jeunes femmes ont réalisé des documentaires sur les femmes dans les Printemps arabes. L’une est musulmane, l’autre pas. Un texte qui réaffirme les principes de l’association indique que Lallab est « pro-choix », féministe et antiraciste : « nous nous lèverons aux côtés de chaque femme contre tout ce qui ira à l’encontre de son libre arbitre et de ses libertés ». Et ce, qu’elle souhaite porter le voile ou s’en débarrasser, ajoutent-elles.

Ce qui s’est passé

Lallab souhaitait recruter trois jeunes en service civique et avait relayé leur annonce sur les réseaux sociaux. Rapidement, des internautes accusent l’Agence du service civique de financer une « association islamiste », d’autres taxent Lallab d’avoir des liens avec les Frères musulmans. Il s’agit surtout de militants d’extrême-droite ou de personnalités connues pour leurs prises de position en faveur de l’extension du principe de neutralité religieuse.

Mi-août, l’Agence du Service civique supprime les annonces de recrutement de Lallab. Quelques jours plus tard, l’association dénonce les pressions des internautes et fait savoir qu’elle est victime de cyberharcèlement dans une tribune sur Libération. Le mot-dièse #JeSoutiensLallab fait son apparition sur Twitter. Les détracteurs de l’association Lallab lui reprochent un ton communautaire, des articles destinés uniquement aux femmes musulmanes, et un discours caricatural sur le « féminisme blanc et athée ».

Les réactions

De nombreuses associations féministes ont pris la défense de l’association Lallab, notamment Le Planning familial, ou encore Les Effronté.e.s qui résument ainsi la situation :

« Tenons-nous le pour dit, une bonne fois pour toutes : les différents courants féministes ne sont pas d’accord sur tout. […] Lallab représente une mouvance qui veut, à l’intérieur de la religion musulmane, de leur point de vue de croyantes pour la plupart, convaincre de l’illégitimité des violences masculines et du patriarcat. On n’est pas d’accord sur tout, mais on considère que ce courant est respectable et légitime. […] Le mouvement féministe doit permettre à toutes les femmes d’exprimer leur propre compréhension de l’oppression et leur vision de leur libération. De ce fait, les féministes croyantes qui luttent dans des environnements où la religion est un référent majeur, doivent pouvoir rendre audibles leurs revendications et une parole subversive, en réclamant par exemple des mosquées inclusives ou des façons de croire anti-patriarcales. Qui sommes- nous pour les en empêcher ? »