Des saints aux défunts
À partir de 610, le pape Boniface IV introduit officiellement cette fête comme une commémoration de « tous les saints et martyrs ». Il souhaite rendre hommage aux chrétiens persécutés par les Romains. À l’époque, la célébration est fixée au 13 mai. Le pape Grégoire III (pontificat : 731-741), a déplacé la fête au 1er novembre et dédié une chapelle de Saint-Pierre de Rome à tous les saints. En 835, le pape Grégoire IV décide que cette fête doit être célébrée partout. La Toussaint devient une fête chômée où il est obligatoire de se rendre à la messe sous le pontificat de Pie X (1903-1914).
C’est sans doute son caractère chômé, qui permet aux familles de se rendre au cimetière, qui créé la confusion entre la Toussaint et la fête des morts, fixée au 2 novembre par les autorités romaines depuis le XIIIe siècle. Les messes du 2 novembre rendent hommage à tous les défunts, quand celles du 1er novembre concernent uniquement les saints et les martyrs de l’Église.
Le culte des saints est très important chez la plupart des chrétiens, protestants exclus. Avant le Ve siècle, la plupart des villes et villages rendent hommage à un saint qui y serait passé ou y serait décédé. Après le Ve siècle, il existe des « prêts » de saints et des partages des reliques de saint pour protéger la ville ou le village qui n’aurait pas de saint attitré. Au fil du temps, le processus pour déclarer une personne « sainte » se complexifie. Les papes prennent de plus en plus de précautions, jusqu’au souverain pontife Jean-PaulII (1978-2005), qui a instauré une enquête très minutieuse pour pouvoir procéder à la béatification (nommer « bienheureux »), puis à la canonisation (devenir « saint »). Il faut par exemple démontrer un certain nombre de miracles post-mortem, faire examiner les guérisons réputées miraculeuses par des médecins, etc. Ce pape a lui-même été canonisé en 2014.