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Vers une décentralisation de l’église catholique ?

Le pape n’exerce pas uniquemet le rôle d’autorité spirituelle, il est également le chef de l’État de la Cité du Vatican, qui représente quelque 44 hectares de terrain à Rome, et ce depuis les accords du Latran en 1929. Le Vatican est donc le territoire sur lequel s’exerce l’autorité temporelle du souverain pontife, au même titre qu’un monarque, bien qu’il soit élu par un collège de cardinaux (120 maximum, obligatoirement âgés de moins de 80 ans).

Le Saint-Siège est l’organisation spirituelle non-gouvernementale qui dirige l’Église et au sommet de laquelle se trouve la Curie romaine et la Secrétairerie d’État. C’est le Saint-Siège qui gère les relations diplomatiques. La Curie romaine est donc une sorte de gouvernement de l’Église catholique, composé d’un secrétaire d’État sous l’autorité directe du pape (le cardinal Pietro Parolin depuis 2013), de neuf congrégations équivalentes à des ministères, de douze conseils pontificaux avatars de secrétariats d’État, ainsi que de trois tribunaux.

En cas de vacance du siège pontifical pour cause de décès du pape ou de sa renonciation, la Curie gère entièrement les affaires du Saint-Siège. Actuellement, la Curie est composée de 209 membres, dont 109 cardinaux électeurs. Au total, il existe 228 cardinaux, 121 sont électeurs. L’Italie est l’un des pays qui compte le plus de cardinaux électeurs, 25 précisément contre 20 pour l’Amérique latine, 15 pour l’Afrique, 14 pour l’Asie – les continents où le catholicisme est pourtant en pleine expansion.

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Habituellement, les papes élevaient prioritairement au rang de cardinaux des prélats qui travaillent au service de la Curie romaine à des postes subalternes. Le pape François a, semble-t-il, balayé cette règle tacite en nommant de nouveaux cardinaux « issus des périphéries » parmi lesquels Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en Centrafrique, pays qui a été le théâtre d’une guerre civile opposant notamment chrétiens et musulmans. Ces nominations témoignent, selon les vaticanistes, d’une volonté de décentraliser les pouvoirs de l’Église catholique et d’offrir plus de place aux Églises locales.

Le gouvernorat du Vatican, de son côté, gère la Cité-État, notamment la basilique Saint-Pierre, les musées et la grande boutique hors-taxes – qui constituent des rentrées d’argent considérables pour le micro-État. Cette enclave, dotée de tous les attributs d’un véritable État au cœur de Rome, n’est pas sans poser des problèmes. Au-delà de quelques éléments pittoresques – Gardes Suisses, distributeurs de billets où les messages s’affichent en latin – le Vatican est connu pour ses finances opaques. Le pape François tente de rétablir de la transparence dans la gestion de la banque du Vatican (IOR) après que différents scandales ont jeté l’opprobre sur cet organisme. En 2013, les terminaux de paiement par carte bancaire avaient été suspendus parce que l’IOR ne respectait pas les standards internationaux contre le blanchiment d’argent.


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